dimanche 28 mars 2010

Dessiner ou Non? -- 2

Dans la version anglaise de mon blog, à la page "Drawing or Not?" (Dessiner ou non?), j'ai eu un commentaire le 13 Mars (que je vais traduire ici):

Elys a dit:
Les larmes peuvent être de joie. Ne peux-tu pas dessiner ton nouveau bonheur ou c'est pas ton truc?

J'ai été occupé à traduire les pages de mon blog, puis j'ai été débordé par les détails de la vie (et je suis tombée endormie très tôt plus d'une fois!), j'ai aussi beaucoup avancer le dessin de la carte pour mon projet... bref je n'ai pas pu répondre avant maintenant...

La première semaine, j'ai pensé répondre que non, je ne peux pas vraiment dessiner le bonheur... Pourquoi? Parce que je préfère vivre la joie, l'exprimer pleinement par des gestes, des jeux avec ma fille, etc. contrairement à la tristesse où les larmes ne me suffisaient pas; j'avais aussi beaucoup de haine et je ne voulais faire de mal à personne... donc le dessin était pratique en ce sens.

Et puis, la semaine suivante (cette semaine), le stress m'a écrasée; mes minis-conflits avec des collègues de travail mon mise en rogne!

La colère est une émotion que je trouve... particulière. Encore une fois, je ne veux pas faire de mal à personne, donc je la retiens. Je pourrais en parler longtemps, ce que je ne ferai pas ici (pas maintenant en tout cas), car il y a trop de détails, trop personnels. Je vais simplement dire que j'ai peur de ma propre colère.

Aux yeux du monde, je suis "toute douce" (comme je me le fais souvent dire); mes collègues (je pense) me voient comme quelqu'un de renfermée, qui socialise très peu, celle qui n'est jamais bruyante, la fantôme du bureau que personne ne voit ou n'entend arriver. Du côté de mes amis et famille, ils riraient à l'entendre, car je suis avec eux (je pense) celle qui parle le plus, celle qui déplace le plus d'air, qui a tendance à se mettre au centre de l'attention. Je veux simplement dire ici que je n'ai pas du tout le même visage au travail qu'à la maison ou entre amis. Mais très rare sont ceux qui m'ont réellement vu en colère. Et c'est bien comme ça. Pour faire une longue histoire courte, la colère (la haine et la frustration incluses), c'est une émotion que je retiens dans la vie de tous les jours.

Pour en revenir au sujet, je ne dessinerais pas mon bonheur, mais lors de la deuxième semaine, j'ai pensé dessiner ma colère... chose, encore une fois, je ne me suis pas vraiment permise... L'idée m'a parue aussi choquante que si je criais à plein poumons au beau milieu du bureau. La raison est très simple: j'ai peur des horreurs qui pourraient sortir sur papier! J'ai peur de passer pour une psychopathe gravement dérangée! Mais, je pense aussi que ça me soulagerait grandement, car les émotions refoulées, ce n'est jamais bon.

Du coup, j'ai eu plusieurs flash de dessins. Bon, avoir des idées, de l'inspiration, c'est déjà mieux qu'avant, mais ça ne crée pas du temps pour les faire... Il faudrait que je les exécutes avec une certaine rapidité, pour être sûre de les terminer... ce qui implique un trait plus agressif, moins soigné (ce qui va bien avec le thème de la colère), un peu comme mon projet d'école "Je suis là pour restée" :



Cette technique de dessin est un peu contre-nature pour moi, parce que je suis du genre, en dessin du moins, à tout retoucher chaque détail jusqu'à à son expression la plus parfaite... et je n'ai plus le temps pour ça... Il faudrait que je sois aussi un peu moins exigeante sur le produit final... Je me décourage rapidement si le dessin que je fais n'est pas à la hauteur de mes attentes.

...Ce qui me fait penser à cette technique que j'utilisais souvent lorsque j'étais au Cégep: je laissais mes mains tracer des lignes sans trop savoir où aller, et je laissais le dessin devenir ce qu'il voulait. Cette technique m'a amenée à faire des dessins comme ceux-ci:

Enfin, je sais pas trop, pour l'instant... Tant que je n'ai pas un crayon en main et que je gribouille pas sur une feuille... Je ne suis même pas sûre si j'oserais montrer des dessins de ma colère; je ne sais pas. Ça dépendra du résultat.

Donc le mot de la fin, c'est que je "girouette" encore et je réponds "peut-être"; peut-être j'ai encore quelque chose à dire par le dessin, mais je ne sais pas si ce sera du matériel avec "ambition professionnel" (c'est à dire, avec l'optique de vendre).  ;o)

1 commentaire:

  1. On a tous un côté psychopathe dans un petit coin :p

    Non seulement comme tu le dis toi-même, ça exteriorisera ta colère, mais aussi te permettra de garder un minimum la main pour le dessin. Et je suppose que tu serais bien contente d'avoir entretenu un peu ton art le jour ou tu retrouveras plus de temps pour travailler plus dans la finesse comme tu aimes.
    On désapprend tellement vite ce qu'on a acquit.

    Puis rien ne t'empêche de les garder pour toi ces dessins si tu n'a pas envie que tout le monde les voient, ou de limiter leur exposition aux personnes de ton choix. Voir de les mettre de côté une fois terminés et les ressortir plus tard.

    C'est l'heure de la vengeance! Hop Hop au dessin!

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