samedi 20 mars 2010

Dessiner ou non?

 (Originalement écrit le 4 Mars 2010, dans la version anglaise de ce blog.


Hehe, ça fait un moment qu'on s'est vu!

La semaine passée, je n'ai pas beaucoup travaillé sur mon projet (raisons: la fatigue, les besoins de mon bébé, etc.)

J'ai commencé un petit projet de dessins faciles, mais j'ai finalement réalisé qu'il m'ennuyait... je n'ai pas le goût! Lorsque je me suis demandée "qu'est-ce que je pourrais dessiner d'autres (même pour un dessin en 5 minutes), qu'est-ce que j'ai le goût de dessiner?" et... je n'ai pas trouvé de réponses. C'était comme le "syndrome de la page blanche" aux examens...

Ça m'a chicoté, puisque par le passé, je ne pouvais vivre sans dessiner! Ça me manque! Mais je n'arrive plus à me mettre dans l'ambiance et l'envie de dessiner. J'ai pris le temps de me demander pourquoi. La seule raison que j'ai pu trouvé, c'est... la différence entre ma vie de maintenant et celle à l'époque où je dessinais. Je n'ai pas eu une enfance ou une adolescence facile; j'avais le cœur constamment brisé, j'avais mal! Et dessiner était l'une de mes façons de garder la tête hors de l'eau (une autre importante façon, c'était d'écrire).

À cette époque, je m'accrochais à l'idée qu'un joue, ma vie irait mieux. J'ai travaillé si fort pour changer mon sort; pendant ce cheminement, j'ai eu peur que si un jour ma vie était mieux, je n'aurais peut-être plus rien à dire au-travers de mon art.

J'ai réussi mon objectif le plus désespéré de vivre une vie meilleure! =) Je suis l'une des rares personne qui dit souvent que je n'aimerais PAS revenir dans le passé, je ne voudrais PAS être plus jeune! Non, s'il vous plaît!! Je me sens tellement mieux maintenant! Je voulais être mieux, me changer moi, avant de devenir maman; je voulais fonder une famille seulement quand je serais "guérie" de mon passé. Aujourd'hui, je suis vraiment heureuse (mis à part mon emploi que je trouve d'un ennui mortel)! Et ma fille ne fait qu'ajouter encore plus de joie à ma vie! Au contraire de bien des gens qui atteignent la trentaine, je ne me sens pas "vieille"; en fait, je me sens encore plus jeune que lorsque j'avais 16 ou 21 ans. Parfois, j'ai l'impression d'être née "vieille" et d'avancer vers la jeunesse et la liberté ^_^

Alors, une de mes peurs s'est concrétisée. L'encre de mes dessins était mon sang et mes larmes. Maintenant que mon Âme ne saigne et ne pleure plus, alors je n'arrive plus à dessiner. Je n'ai plus rien à exprimer (sous forme visuel)

Une fois que j'ai compris tout ça, j'ai premièrement regardé ma perte et j'ai trouvé que c'était bien dommage... Mais en y repensant, si j'ai à choisir entre "dessiner (et avoir accès à un emploi excitant en art graphique), et la douleur, la lourdeur dans le cœur, les nuages noirs dans la tête, les cauchemars la nuit, le cauchemar le jour, l'acide dans la gorge, la haine, la tristesse et la dépression dans les yeux..." OU "un baume au cœur, l'harmonie et la sérénité intérieure, de la joie dans le coin des yeux, des rires qui chatouille au bout des doigts, et de l'amour et du bonheur qui déborde de mon être, mais pas de dessin et un emploi ennuyant"... Je préfère définitivement le bonheur!!

Une fois que j'ai passé par-dessus le deuil du dessin, je me suis rappelée que j'ai toujours l'écriture! Au final, si je n'ai que l'écriture, ce sera peut-être plus facile de concentrer mon temps et mon énergie sur un seul art et un seul projet. Au tout début, l'écriture était plus important pour moi, puis le dessin à pris beaucoup de place dans ma vie, et maintenant que l'épisode est terminé, je reviens aux sources, sur ce qui m'a toujours le plus importé: raconter des histoires!

Donc, la semaine passée, une fois que j'ai terminé de philosopher sur ma petite vie -- de faire le deuil sur le dessin, faire la paix avec le fait que ce n'est plus au coeur de ma vie et que c'est peut-être bon de le laisser aller, puisque je n'en ai plus besoin -- je me suis ensuite concentré sur mon projet de romans de fantasy.

À la fin de la semaine passée, j'ai commencé à rassembler de nouvelles idées sur papier, durant mes lunchs. Parce que je recommence la projet depuis le début, et qu'au niveau de l'histoire, je remonte à l'origine des temps (genre... 500 ou 1000 ans avant le livre que j'ai tenté de publier), tous est nouveau, donc je dois faire le design de tout. J'en suis à un point où j'ai une idée vague des grandes-lignes de l'histoire, sur trois épisodes (c'est possible qu'ils finissent en 6 livres, je n'en sais encore rien). Je ne parle que de la première partie, car après j'aurai sûrement plusieurs autres épisodes dans une seconde et peut-être une troisième partie. Je sais, c'est vraiment, vraiment, affreusement énorme comme projet. Et pour développer toute cette histoire en profondeur, j'ai encore beaucoup de questions que je dois me poser, puis ensuite répondre!

Il y a quelques semaines/mois, j'ai débuté, sur "Calc" (un logiciel équivalent à Excel de Microsoft, mais en version gratuite de OpenOffice) un tableau, avec les actions principales et j'ai commencé à esquisser des chapitres pour les trois épisodes. Mais avec les dernières questions que j'ai commencé à répondre, je me suis sentie coincée... dans le sens qu'il me manque un outil de travail, pour m'aider à rassembler mes idées dans un ordre logique. En gros, j'aimerais pouvoir travailler comme à l'ancienne, où on écrivait des bouts d'histoires sur des bouts de papiers, qu'on les épinglait sur un tableau et qu'on pouvait les déplacer à notre guise dans un ordre différent... pour développer l'arborescence des maintes lignes d'histoires... mais en version logiciel.

J'ai décrit ce que je voulais à mon conjoint, espérant innocemment qu'il me répondrait que c'est quelque chose de super simple à programmer nous-même... (comme si on avait le temps de le faire!?). Il m'a plutôt répondu que ce que je cherchais s'appelle un "mind map" (en français, une "carte heuristique") et qu'on pouvait sûrement en trouver de ce type de logiciel gratuitement sur le web. Après avoir rapidement cherché pour un mind mapping software (lien anglais), nous en avons installé un, je ne l'ai pas aimé, on l'a "flushé" et nous en avons essayé un autre, je l'ai aimé et j'ai commencé à travailler.

J'ai choisi VUE (lien anglais). Le logiciel est légèrement buggé, ce qui peut devenir fatiguant, mais grosso modo, c'est un outil très cool. J'ai commencé à faire un arborescence de personnages (avec les liens familiaux et autres; à gauche) et un autre sur les lignes directrices de l'histoire:



Chaque couleur représente "une ligne narrative" différente, c'est-à-dire l'histoire selon le point de vue de personnages différents (et, bien évidemment, ces petites histoires s'entrecoupent). J'ai donc commencé à écrire par bloc les idées que me viennent en tête. Je pourrai ensuite les trier selon le personnage-titre en plusieurs ligne narrative, et en ordre chronologique. Une fois que tous les morceaux du puzzle seront là, que toutes les questions essentielles pour construire l'histoire seront répondues, je n'aurai plus qu'à choisir les blocs importants qui se retrouveront dans le livre et lesquels finiront en "pages perdues". Peut-être qu'un jour, je développerai les anecdotes des pages-perdues et en faire quelque chose, comme... un livre-recueil ou... je ne sais pas, les mettre sur un site à titre de matériel promotionnel, ou encore, peut-être qu'elles resteront des pages-perdues à jamais, qui sait?



Elisabeth Vonarburg, dans ses ateliers d'écriture, répétait que peu importe ce qui se trouvera dans la version finale du livre et ce qui sera laissé de côté, toutes les questions ET leurs réponses doivent être connues de l'écrivain/e, de sorte qu'il/elle comprenne vraiment, profondément, tous les aspects de son histoire et éviter des situations embarrassantes où la seule réponse possible est "Oh, je n'y avais pas pensé... C'est vrai, ça ne fait pas de sens!" Elle disait aussi (j'y vais par mémoire, dans mes mots et selon ma compréhension) : "Tu n'as pas à tout mettre dans le livre et répondre à toutes les questions; bien sûr que non et s'il te plaît, ne le fait pas! Laisse le lecteur faire un peu de réflexion! Mais toi, en tant qu'écrivain, TU DOIS savoir. Tu DOIS connaître les réponses, même si tu choisis de ne jamais les révéler".

Cette semaine, avec ce nouvel outil -- et le soulagement de la culpabilité de ne pas dessiner -- j'ai commencé à répondre aux plus grandes questions et l'histoire, qui n'était encore que de grandes lignes directrices, a commencé à se déplier devant moi. J'ai débuté la semaine avec une structure de base (faite il y a quelque temps déjà), un squelette, et maintenant, le projet commence à avoir beaucoup de viande!

Ma plus grande peur pour ce projet reste la même: je suis toujours novice en écriture et ce projet est peut-être trop grand pour débuter. Élisabeth dit toujours à propos de mes textes que je prends des sujets trop complexes pour mon niveau... mais je n'arrive pas à faire autrement. Chaque fois que j'ai tenté de faire quelque chose de petit, une nouvelle, un petit projet pour un seul roman, quelque chose de mieux adapté à une débutante, je me retrouve à ajouter un personnage ou une anecdote à ce grand projet!

J'ai donc décidé d'arrêter de me battre, arrêter de faire des choses qui ne me tente pas (et que je n'arrive donc pas à terminer par manque d'intérêt) et simplement travailler sur ce gros-là; on verra bien où il me mènera!  =)

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