dimanche 12 octobre 2014

11 Octobre 2014: Lancement de livres multiples


      Hier soir, un 5 à 7 se tenait au Pub « L'Amère à boire » à Montréal, pour un lancement multiple de deux éditeurs québécois. 

     Brins d'éternité lançait leur revue littéraire #39, ainsi que l'anthologie « 10 ans d'éternité », un super recueil des 20 meilleures nouvelles et les illustrations les plus marquantes de ces 10 ans de vie de cette revue, né « fanzine » en 2004, (anthologie publiée par les Six Brumes).
     Six Brumes, le deuxième éditeur sur place, qui lançait aussi « 6, chalet des brumes », un hommage aux livres dont vous êtes le héros dirigé par Luc Dagenais, avec une formule un peu spéciale, soit six histoires possibles, chacune écrite par un auteur différent. Au menu: Geneviève Blouin, Dave Côté, Luc Dagenais, Ariane Gélinas, Isabelle Lauzon et Jonathan Reynolds. « Petits démons » de Daniel Sernine est un recueil de nouvelles fantastiques. Et « Le jardin de chair » de Frédéric Raymond, un roman d'horreur psychologique.

      Un beau lancement, beaucoup de monde qui se sont déplacés (nous étions, au meilleur de la soirée, une bonne soixantaine de personne dans un endroit intime qui peinait à accueillir autant de monde) :P
     Sur cette photo, à gauche, Guillaume Voisine, co-éditeur et directeur littéraire de la revue Brins d'éternité, au milieu, Alamo St-Jean, co-éditeur de Brins d'éternité et directeur de la distribution, à droite, Guillaume Houle, directeur des publications chez Six Brumes.


      Ici, Federico et Marie Bulle, deux amis de l'atelier d'écriture 2014 et potentiellement un prochain groupe de jumelage en écriture... à suivre! :P
   À gauche, Ariane Gélinas, co-éditrice, directrice artistique et graphiste pour Brins d'éternité et co-auteur de « 6, chalet des brumes », Guillaume Voisine, co-éditeur et directeur littéraire de Brins d'éternité, Alamo St-Jean, co-éditeur de Brins d'éternité et directeur de la distribution, Guillaume Houle, directeur des publications chez Six Brumes et à droite, Jonathan Reynolds, co-fondateur et co-éditeur aux Six Brumes, co-auteur de « 6, chalet des brumes » et de « 10 ans d'éternité ».
    Ariane Gélinas, co-éditrice, directrice artistique et graphiste pour Brins d'éternité et co-auteur de « 6, chalet des brumes », Guillaume Voisine, co-éditeur et directeur littéraire de Brins d'éternité, et à droite, Daniel Sernine, auteur de « Petits démons ».


     Jonathan Reynolds, co-fondateur et co-éditeur aux Six Brumes, co-auteur de « 6, chalet des brumes » et Claude Janelle, qui a écrit la postface de 10 ans d'éternité ».


   Jonathan Reynolds, co-fondateur et co-éditeur aux Six Brumes, co-auteur de « 6, chalet des brumes » et Pierre-Alexandre Bonin et est librairie chez Monet. Il fait aussi partie de l'équipe de la revue Clair/Obscur

     Après quoi, l’événement était tellement populé, et les conditions d'éclairages trop mauvaise pour poursuivre les photos, ce qui n'a pas empêché ce lancement d'être un franc succès! :)







 

        Je voulais en profiter pour mettre deux illustrations que j'ai fait en 2006 pour Brin d'éternité, à ma droite, pour le #13 et à gauche, pour le #14. 
     Le #13 figure parmi les illustrations marquantes dans l'anthologie « 10 ans d'Éternité ». L'anecdote derrière cette couverture était que Guillaume Voisine prenait les rennes du fanzine, nouvelle équipe et tout, mais on lui remettait en main pour le #13... l'infâme #13 et Guillaume m'avait confié alors une vague inquiétude (mais encore, "inquiétude" est trop fort!) face à ce drôle de karma, le #13, peut-être un mauvais augure...
     Moi qui tire au tarot, je n'ai pu m'empêcher de voir cette superstition du #13, attaché à la carte de l'arcane majeure #13, parfois dite "sans nom", parfois dite "la mort" et qui fait tellement peur à qui la reçoit dans un tirage. J'ai rassuré Guillaume en lui disant que cette carte légendaire du tarot est en fait un avant-signe de renouveau. C'est le phénix, lorsqu'il est en phase de cendre. Le moment est difficile, stagnant, beaucoup d'obstacle, mais c'est l'annonce de la "mort de ce qui était", pour laissait place au changement, au renouveau.
     Je me souviens que Guillaume avait écrit son éditorial en reflet de cette conversation, et moi qui avait été désignée pour faire l'illustration, j'ai aussi suivit cette même inspiration (en plus que c'était un numéro d'automne, sortie prévue pour autour de l'Halloween! :P )
     Le #14, que je préfère largement sous plusieurs points de vues, était pour le numéro d'hiver... Un cavalier qui brave le froid d'une nuit. J'étais tellement concentrée sur la technique graphique lorsque je le faisais... Je n'ai "vu" cette image dans son ensemble et sa symbolique qu'une fois accomplie... J'y vois de la détermination incommensurable, de la ténacité, une force intérieure inébranlable pour affronter la tempête et les obstacles pour atteindre, dans le noir, son objectif. La lanterne devient ici le seul réconfort, la seule lumière, le seul espoir... un peu comme ce soleil du solstice d'hiver qui, bientôt, renaîtra vers un printemps encore lointain, mais suivons cette lumière et nous parviendront à ce printemps promis.





mardi 7 octobre 2014

Chasser les fantômes du passé

     Qui aurait cru que j'avais tant de "fantômes" à chasser, qui aurait cru que ce me serait si difficile? Mais aujourd'hui, je suis venue écrire ici que j'ai fait un grand ménage! 
     Depuis l'âge de 9 ans j'écris "dans un but sérieux de publication" et bien sûr, le premier manuscrit de 200 pages que j'ai terminé à 13 ans (que j'ai écrit sur 2 semaines de travail intensif) ne devait pas être publiable... ni celui que j'ai envoyé à 16 ans ou à 24 ans (tous deux refusés par l'édition, et heureusement!!!)
     Parce que j'ai essuyé ces "échecs", de nombreuses fois des "amis" me disaient, un après l'autre: "Tu devrais arrêter de niaiser avec l'écriture et te trouver une "vraie job". Tu vois bien que ça te mène nul part? N'est-ce pas temps d'arrêter de rêver et passer aux choses sérieuses?" Mes vrais amis l'ont compris: écrire pour moi, ce n'est pas un "I wanna be an arrrrrrrtist", c'est quelque chose de plus fort que moi, c'est une urgence, un besoin! Je ne cesserai de le dire, écrire est pour moi une thérapie, un troisième poumon sans lequel ma vie serait fade...
     Et quoique je sonne peut-être très convaincue ce matin que c'est ce que je dois faire de ma vie, il ne m'a jamais été facile pour moi de me défaire de cette avis culturel qui veut que "réussir dans la vie", ça veut dire d'avoir une bonne job qui rapporte beaucoup suffisamment d'argent pour bien vivre. Eh bien, ça fait un peu plus de trois ans que je n'ai pas d'emploi et que je reste à la maison avec les enfants pour m'occuper de leurs besoins (ils sont plus particulier dans le cas de ma plus grande).
     Ce n'est pas facile de vivre sans revenu, au crochet de son homme qui doit fournir pour toute la famille. Il y définitivement une perte de l'autonomie, pas seulement pour soi, mais aussi pour toute la famille; on n'a pu l'argent pour faire des sorties simple, ou du moins, elles deviennent exceptionnelles. Et quand les amies de filles veulent faire une sortie entre fille, ce simple repas au restaurent est LA dépense de l'année.
     Mais le temps que j'ai accordé à mes filles a été précieux; dans le cas de ma grande, il était nécessaire. Je n'ai pas été payé pour le faire et bien des gens de la société de travaillistes le voit comme une honte: une femme qui est à l'époque du droit au travail et qui bafoue l'activisme de toutes les féministes du passer en restant à la maison... Non, je suis désolée: nous sommes à l'époque où nous avons le choix, que ce soit la mère ou le père, de rester à la maison pour l'épanouissement des enfants.
     Toutes les mères à la maison savent que ce n'est pas facile, on n'a jamais de congé, pas même lorsqu'on est malade... et ce n'est pas gratifiant côté société non-plus. Il n'y a que les amis proches, la famille proche, les orthophonistes et les ergothérapeutes que l'on voit toutes les semaines qui voit le fruit de nos efforts pour l'éducation de nos enfants et qui nous gratifie. Et moi, je sais que je ne regretterai JAMAIS d'avoir pris ce temps pour ma fille. J'ai été là lorsqu'elle avait besoin de moi, je l'ai aidé, je l'ai fait voir tous les spécialistes dont elle avait besoin, j'ai travaillé fort sur son bonheur et son épanouissement, comment pourrais-je une seconde regretter ce choix, de primer la vie avant l'argent? Jamais je ne le regretterai, au contraire, j'en suis fière! 
     Depuis que je prépare l'entrée scolaire de ma grande, la question revient: que vais-je faire? Car bien-sûr, on s'attend à ce que je reprenne le travail. Des amis soucieux de moi m'ont offert des emplois, m'ont fait des suggestions et parfois même envoyé des offres d'emplois qu'ils ont penser pouvoir potentiellement m'intéresser, parce que je suis bonne en graphisme, ou en naturopathie et herboristerie ou nutrition, ou.... C'était fort apprécie et j'ai bien vu que c'était de bonne foi. Un grand merci à tous :)
     Mais je vais vous dire ce que je veux faire. Je l'ai toujours su, c'est l'évidence même: écrire. Sinon, dessiner et peindre. Quiconque me connaît depuis l'enfant le sait que c'est ÇA, mon "bliss", ma félicité, mais raison d'être. Il y a plus de 15 ans que je tourne en rond, à me disputer contre mes fantômes intérieurs qui me font douter, hésiter, avoir honte de rester à la maison sans revenu alors que j'ai plein de talents et d'intérêts... Mais c'est le propre de l'écrivain (et surtout celui de fantasy / science-fiction comme moi!) que de s'intéresser à tous et n'importe quoi... non pas dans le but d'en faire un métier de chacun de ces petits intérêts, mais bien pour mieux construire des personnages! Il y a plus de 15 ans que j'accumule sur ma table de travail, diverses projets d'écriture... j'en ai tellement, j'ai de quoi m'occuper pour le reste de ma vie!
     Alors, aujourd'hui, je suis sûre de moi, oui. Il n'y a rien d'autres qui me branche, là "here and now". Et savez-vous quoi? La seule personne que ça pourrait déranger (soit, mon conjoint!), eh bien, il préfère que je reste à la maison et que je travaille sur ce qui me rend heureuse! Nous sommes ensemble depuis près de 15 ans; il a vu comment je suis dans les jobs qui rapportent plus d'argent: elles me rendent dépressive, car je sens que c'est une perte totale de mon potentiel, de mon temps et de ma vie! Ce n'est pas pour avoir une job que je suis venue sur terre, dans cette peau, dans cette vie: c'est pour écrire! Et peindre en second lieu! Le projet du DragonVert tient toujours; c'est pour moi comme "travailler pour trouver sa maison", c'est à loisir et pour le confort. 
     C'est presque ridicule d'avoir cherché si longtemps quelque chose qui a été là depuis le début de ma vie... mais les influences culturelles ont pesé lourd. C'est le temps que ça m'a pris d'admettre tout cela et de faire la paix avec le tout. Le seul fantôme qui me reste, c'est ce sentiment que la situation écologique est si catastrophique, que c'est ridicule d'écrire plutôt que de tenter de sauver la situation... Alors, il y aura sûrement un souffle activiste dans ce que je vais écrire, pour celui-là. Ce billet n'est pas un coup de gueule, ni un coup de colère prémenstruel, c'est au contraire un élan de passion! 
     Maintenant, fini de tergiverser, j'ai beaucoup de travail à faire! :D