mercredi 25 novembre 2015

Atelier d'écriture (court) 2015

     Tel que promis dans mon dernier billet « Atelier d'écriture (court) 2014 » et avec un temps de retard habituel, voici donc l'aventure de cette année. 

     L'année 2015 m'a été très difficile sur le plan financier, et donc, j'ai dû réfléchir un bon moment avant de m'engager dans cet atelier. Trois jours d'atelier, 100$ le tout, je sais que c'est très peu chère payé... n'empêche, quand on est maman à la maison sans revenu depuis... quatre-cinq ans, chaque sortie devient calculée.

     Pendant que j'étais à tergiverser avec moi-même « Est-ce que j'y vais? » « Si j'y vais, avec quel argent? », Élisabeth Vonarburg nous annonce que pour des raisons personnelles et professionnelles, elle va annuler l'atelier cette année. Puis, Geneviève Blouin, élève d'Élisabeth qui a plusieurs publications à son actif, avec la bénédiction d'Élisabeth, s'est présentée pour la remplacer. Après tant d'années d'absence des ateliers, il est clair que je ne veux plus manquer un autre atelier pour rien au monde.
     Vie de famille me tient "hors-ligne" une petite fin-de-semaine de trois jours, qu'à mon retour (où je venais dire « Oui, j'y serai! »), la boîte de courriels était complètement débordée. Il manquait encore un(e) participant(e)... « Moi, moi! J'suis là! Je viens! ». Par le temps que j'arrive à la fin de la lecture de tous ces messages, dernier message, Geneviève annonce qu'elle va nous demander de ne rien écrire avant d'arriver à l'atelier. Nous écrirons sur place seulement, et ce sera... une nouvelle.
     On vient de m'enlever le tapis de sous les pieds, je tombe sur le cul. Une nouvelle. Mon pire cauchemar, moi qui a tant de mal à écrire court! Les anciennes éditions des ateliers que j'ai participé, c'était des nouvelles et la conclusion était pas mal: « Je suis pourrie en nouvelle, ce n'est pas mon format idéal! ». Mes idées sont toujours trop complexes, elles n'entrent pas dans des formats petits. Mes nouvelles, m'a-t-on dit, ressemble à un chapitre sans le reste du livre. Sinon, une anecdote plutôt inintéressante, mais ce qui aurait été intéressant, c'est ce que j'ai « coupé / enlevé » du texte. Bref, je me sens comme dans une boîte de téléphone au coin de la rue, c'est trop petit, l'inconfort total.
     Pire, Geneviève nous dit que ce sera une nouvelle de 1000 mots. Mon monde s'écroule au complet. 1000 mots. La panique. Je n'y arriverai jamais... Et on ne peut même pas avoir le "luxe" de commencer à l'écrire avant l'atelier. Je suis fichue!
     Mais je ne peux pas... ne pas aller à un atelier d'écriture! Merde. Je vais prendre le défi quand même... C'est à reculons et en criant panique sur la liste d'email que je me suis présentée à cet atelier. J'ai chialé au point de me faire reprocher que si ç'avait été Élisabeth, je n'aurais pas discuté (erreur, j'ai chialé à l'époque aussi, j'ai demandé si on pouvait amener un chapitre plutôt qu'une nouvelle de 15 pages. Elle n'a jamais fléchie; Geneviève non-plus). ;o)

Groupe de l'atelier court 2014


Rangée du haut: Pierre-Alexandre Bonin, Federico Alonso et Richard Tremblay. Rangée du milieu: Marie Bulle, Isabelle Lauzon et Geneviève Blouin. Rangée du bas: Élodie Daniélou, Démie Lecompte (moi! :P ) et Émilie Cloutier-Levesque.

     Fin de semaine de la fête du travail, nous voici donc rassemblé à la Maison des Écrivains de Montréal, et voici notre hôte, Geneviève Blouin, pour son tout premier atelier d'écriture:


     Le premier exercice que Geneviève nous a donné à faire, fut de nous donner une image d'inspiration (choisie par son amoureux et qu'elle-même n'avait pas vue, pour lui permettre de faire l'exercice en même temps que nous), et nous demander d'écrire une histoire courte en relation avec cette image. Très cool comme réchauffement :)
       Nous avons fait plusieurs autres petits exercices de réchauffement et d'établissement d'idées pour l'infâme nouvelle de 1000 mots.

Écrire court

     Si, avec Élisabeth, nous travaillons énormément la voie narratrice, Geneviève a pris une autre avenue. Comme ma panique d'écrire court a donné lieu à une discussion enflammée sur la liste de courriel, Geneviève a pensé à faire un peu de théorie sur « comment écrire court ». Nous avons alors parlé du Solaris #192 pour le spécial 40 ans, qui compte 40 textes d'auteur(e)s différent(e)s, tous des textes de 1000 mots, belle source à étudier.
      Le plus mémorable fut lorsque Geneviève a lancé: « Si vous deviez écrire une nouvelle des "anciens" Star Wars (maintenant les épisodes 4, 5 et 6), vous seriez contraint à choisir une seule scène pour résumer toute l'histoire. Laquelle choisiriez-vous? » et comme on parle de ces épisodes, quelqu'un ne peu s'empêcher de rétorquer la blague : « Luke! Je suis ton père!!! » poing en l'air, et tout le monde rit. Mais c'était pourtant la réponse. Dans cette scène, la trilogie au complet pourrait tenir (avec un peu de contexte d'avant et d'après bien sûr). 

     Nous avons ensuite débuté l'écriture de nos 1000 mots le deuxième jour. L'objectif de Geneviève était que chacun reparte avec un texte complet et presque final. Elle a réussi son pari. Certaines nouvelles sont meilleures que d'autres; je me compte parmi les « pas à la hauteur que je souhaite de moi-même ». 
       Mon objectif à moi, qui était de démystifier le texte court, est aussi atteint. En acceptant d'aller (même si c'était à reculons) à cet atelier, j'ai d'abord braver cette peur de l'échec du texte court. Puis, on a beaucoup parlé des nouvelles, d'auteurs qui vont écrire pleins de nouvelles qui, une fois rassemblées en un recueil, devient une forme différente de roman. Plutôt que d'avoir une histoire continue, il s'agit de bouts d'histoires, parfois anecdotiques, mais chacune additionné aux autres devient un délice.
     Il est logique, de toute façon, de débuter par des nouvelles. C'est plus court à écrire, à corriger, à réécrire; on attend beaucoup moins longtemps avant d'avoir des commentaires de directeurs littéraires, on peut en écrire plus... ce qui nous fait progresser plus vite. Ça va de soit. Si j'avais écrit cet article dans les deux semaines qui ont suivit l'atelier, j'aurais écrit qu'après toutes ces conversations sur la rédaction courte,  je suis finalement (enfin?) convaincue de le faire.
     Je suis plus têtue que ça, bien entendu, et je suis connue pour ne pas nécessairement suivre ce qui est logique; j'ai un cœur trop fougueux et chaotique. v_v

     N'empêche que j'enverrai un second "chapeau" à Geneviève, celui d'avoir dédramatisé ma peur de la nouvelle. Je ne rejette pas entièrement l'idée d'en écrire; je le ferai peut-être. Par contre, depuis les dix ans que je suis dans le groupe "boréalien" (les membres du Congrès Boréal) ;o) c'est souvent le mot de la fin: fait des phrases plus courtes, écrit plus court, publier des nouvelles te ferait progresser plus vite, il est possible d'introduire des idées complexes dans un texte court... Même mes jeunes filles ne comprennent pas mes longs sermons de maman. Tout est en place dans ma vie pour me faire travailler sérieusement sur « réduire le texte », « faire la synthèse de mes idées », « aller droit au but ». Ce n'est vraiment pas évident pour moi, mais cet atelier 2015 est un pivot important dans mon développement personnel. C'est comme le coup qui a fait entrer les clous plantés depuis dix ans.
     Pas une mince affaire, dans une tête dure comme la mienne, mais tu l'as fait Geneviève ;o)

        Pendant que mon attention était occupée à détester le format de la nouvelle, je ne réalisais pas que la racine du problème était plutôt mon incapacité de faire court, de résumer. Je pense que la longueur de ce texte prouve que je ne maîtrise toujours pas... Mais se rendre compte du problème est la première étape pour le régler.
       Merci pour cette belle expérience, tout le monde :)

Pierre-Alexandre Bonin

Richard Tremblay

Isabelle Lauzon

Federico Alonson et Marie Bulle

Pierre-Alexandre Bonin et Geneviève Blouin

Éloïse Daniélou, Isabelle Lauzon et Richard Tremblay

Federico Alonso, Marie Bulle et Éloïse Daniélou

Émilie Cloutier-Levesques

Émilie et moi

Dîner pizza du dernier jour!  
Photo commémorative: c'est épuisant de faire un atelier!