mardi 5 janvier 2016

Critique de film: Hunger Games (1) (2012)

Voir aussi:
Critique de film: Hunger Games, Mockingjay part 1 (3)(2014)(à venir)
Critique de film: Hunger Games, Mockingjay part 2 (4)(2005)(à venir)










Catégories:
  • PG-13 (violence intense et images perturbantes impliquant des adolescents) dans la plupart des pays. Au Québec, il est coté Général «déconseillé aux jeunes enfants».
  • Blockbuster
  • Drame
  • Science-fiction
  • Aventure
  • Thriller
  • Violence
  • Romance

Thèmes:
  • Téléréalité
  • Style « les gladiateurs du Collisée »
  • Style « survivre jusqu'à la fin du film »
  • Injustice sociale
  • Inégalités sociales
  • Révolution et désobéissance sociale
  • Enjeux politiques

     Test de Betchdel Katniss parle plusieurs fois avec sa soeur, sa mère, puis plus tard, avec la petite Rue.
     Scénario et réalisation: Hunger Games est à l'origine un roman écrit par Suzanne Collins, qui a aussi participée à la rédaction du scénario, avec l'aide de Billy Ray et Gary Ross. Ce dernier est aussi à la barre de la réalisation du film.
      Langue d'origine: Anglais
      Pays d'origine: États-Unis
      Date de sortie: 23 mars 2012 (USA)
      Budget pour le film: 78 millions US
      Box-office: 408 millions US
      Évaluation IMDB: 7.3 / 10 (667,667 votants)
      Reconnaissances: 42 nominations, 34 prix gagnés, parmi lesquels: Jennifer Lawrence, meilleure actrice (MTV awards), Josh Hutcherson, meilleur acteur (MTV awards), et meilleur long métrage (prix remis aux scénaristes pour le BAFTA awards).(source)

Synopsis:

Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence)
     Katniss Everdeen (interprété par la très jolie Jennifer Lawrence) se porte volontaire pour prendre la place de sa petite sœur pour la 74e édition des Hunger Games, une compétition télévisée où deux adolescents (un garçon et une fille) de chacun des douze districts de Panam, sont choisis au sort pour s'y battre à mort.
     La capitale de Panam, un lieu riche et excentrique, appelle ces compétiteurs des « tribus », où un seul des vingt-quatre participants sortira vainqueur de l'arène. C'est une pratique qui a lieu depuis 74 ans et qui existe, soi-disant, pour garder l'ordre tel qu'il a été établi à la fin de la dernière rébellion.
     Katniss quitte son ami Gale (joué par Liam Hemsworth) et sa famille, pour rejoindre l'équipe du district 12, soit le « tribu masculin » Peeta Mellark (interprété par Josh Hutcherson), Haymitch (Woody Harrelson) qui est un ancien vainqueur d'une autre édition de Hunger Games qui devrait leur servir de mentor, Effie (Elizabeth Banks), une femme haute en couleur et résidente de la capitale de Panam et responsable des tributs du district 12.

À noter: je n'ai pas lu le livre. Je n'ai aucune idée si le film est à la hauteur du livre, s'il lui est fidèle ou non. Cette critique est donc strictement dédiée au film.
À noter: Hunger Games est le premier film d'une série de 4.

Ma conclusion, en quelques mots:

     The Hunger Games, premier de la série, sans être de toute originalité, reste un très bon divertissement pour sa catégorie. Plusieurs actrices et acteurs nous offrent une très belle performance, on a un personnage féminin très fort comme tête d'affiche, à un point tel que les deux garçons autour d'elle nous semblent fade et passif.
     J'ai bien apprécié le voir, mais il ne passe pas le cap de l'achat DVD pour moi. Je me suis toutefois réjouie de le voir accessible sur Netflix et pouvoir le voir une seconde fois.

Réalisation globale:

     La direction du film en général m'a étonnée. Il y a bel et bien un artiste qui mène ce show et une direction photographique très soignée.

Divertissement et originalité:

     L'idée et le concept derrière The Hunger Games, premier de la série, ne sont pas à mon avis d'une très grande originalité. On a plusieurs concepts « au goût du jour » qu'on a vu ailleurs, principe de l'arène de gladiateurs et combats à morts, l'injustice, la répression, la révolte, la téléréalité…
     Par contre, le tout mis ensemble fonctionne bien, sans non plus nous bouleverser d'étonnements. Une fois les premiers pivots de l'histoire révélés, l'intrigue prend le dessus et le film reste très divertissant. Malgré la violence qu'on lui devine par son synopsis, ce n'est pas un film « sans cervelle ». Par exemple, sitôt les personnages arrivant à la capitale, on voit juste assez ce qui se passe en coulisse des Hunger Games pour comprendre qu'il y a aussi des enjeux politiques autour de cet événement acclamé par la capitale, mais méprisé par les douze districts qui en sont les victimes.
     L'intrigue vient donc nous cherche par le cœur, par la peur, par le mépris, par des actes de bravoure ou d'arrogance.

Immersion et émotivité:

16 des 24 participants des 74e Hunger Games.
     Parce que l'intrigue est bien montée, l'immersion dans le film se fait tout seule. On s'oublie dans le film. L'histoire et la réalisation du film sont bel et bien émotives et émouvantes. J'avais peur de m'asseoir devant un film de violence gratuite sans grande histoire à raconter, mais la sensibilité était au rendez-vous. Les émotions sont d'ailleurs mises plus en avant que la violence.    
     L'intrigue est à mon avis un thriller, un survivor avant d'être un film violent. Mais ne vous faites pas d'idées, car la violence est tout de même au rendez-vous, de façon explicite et subjective. 

Scénario:

     J'ai été surprise du contexte politique dans lequel s'inscrit cette science-fiction. On peut facilement traduire cette oeuvre en une métaphore de notre propre monde, où les pays occidentaux vivent dans l'abondance et l'extravagance, aux dépens des pays pauvres qui nous servent d'usines pour assurer notre mode de vie.
     En général, le scénario répond aux attentes. Je n'ai pas trouvé de répliques cheezy, ou agaçantes. L'histoire et l'intrigue sont aussi à la hauteur des attentes. Je lui ai donc mis « une pomme ».
     Par contre, certains passages ne me sont pas apparus clairs. À plusieurs moments, Katniss a des flashback, des souvenirs de son défunt père, des souvenirs de Peeta avant les Hunger Games, mais... qu’est-on censé comprendre de ces montages? Que signifient-ils exactement? Je n'en suis pas sûre. J'ai trouvé plusieurs possibilités d'explications, sans avoir une confirmation ce qu'on devrait apprendre sur les personnages.
     Un autre point m'a déçue, encore par manque de clarté du scénario: la relation Peeta et Katniss est claire, mais celle entre Katniss et Gale ne l'est pas. Sont-ils amoureux? Rien ne l'indique et pourtant, le doute plane tout le long du film. Si cet aspect est clair dans le livre (je n'ai pas vérifié), il ne l'est pas dans le scénario, à mon avis et ça m'a fatiguée.
     Pour ces deux éléments, j'ai mis ce citron.

Acting et développement de personnages:

Peeta Mallark (Josh Hutcherson)
    La plupart des personnages ont une belle profondeur et sont brillamment joués par les acteurs, raison pour laquelle je donne 2 pommes. J'en aurais donné 3, si ça n'avait été de deux personnages à qui je donne un demi-citron chacun…

     L'histoire est alignée sur Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence), une ado de seize ans. Partagée entre l'angoisse, la terreur, le mépris, l'arrogance et le besoin de protéger ses «alliés», on croit bien à ce personnage, on partage ses émotions. Elle est attachante et la performance de Jennifer Lawrence amène beaucoup d'émotivité au personnage.

Effie Trinket (Elizabeth Banks)
     Peeta Mellark (Josh Hutcherson) est aussi un ado de seize ans. C'est un personnage qui se montre sensible envers les autres. Il comprend le sens du show que représente les Hunger Games. Il manque par contre quelque, pour rendre le personnage intéressant à mes yeux. Peut-être parce qu'il est plutôt passif et que le seul attachement que l'on pourrait lui trouver, c'est par la pitié? C'est pour moi un aspect citron du film.

     Vient ensuite le personnage coloré de Effie Trinket qui est interprété à merveille par Elizabeth Banks. Effie est originaire de la capitale et elle est responsable des « tribus » du district 12. Très excentrique comme la majorité des gens de la capitale, Elizabeth Banks lui donne un accent hautain et des petites manières stylisées qui vont de pair avec la personnalité du personnage.


     N'oublions pas Haymitch Abernathy, aussi très bien interprété par Woody Harrelson. Chaque fois qu'il est à l'écran, il est bourré, avec une attitude de je-m'en-foutisme. C'est le seul «vainqueur» du district 12 d'une édition passée de Hunger Games et devrait servir de mentor pour les joueurs suivants. Par contre, chaque année il rencontre deux adolescents qui seront envoyés à leur mort dans l'arène, et il ne peut rien faire pour changer ce sort. Il y a de quoi ne pas désirer s'attacher à Katniss et Peeta. Et il y a de quoi vouloir noyer ce qu'il lui reste de sa vie dans l'alcool…


     Gale Hawthorne, joué par Liam Hemsworth, est le deuxième demi-citron. Tout comme le rôle de Peeta, le personnage de Gale m'apparaît fade et passif. Il est gentil et dévoué pour Katniss, il a des idées un peu révolutionnaire, mais il est tellement secondaire que nous n'avons pas le temps de s'y attacher vraiment. Il manque de vie, il manque de profondeur. Peut-être son rôle sera mieux élaboré dans les suites de la série.

Photographie et visuel:

     En étant un blockbuster, les effets visuels sont au rendez-vous. Mais il y a tout de même une touche de plus. Parce que le scénario décrit l'excentricité des gens de la capitale, on y a mis le budget. Les costumes, des coiffures, le maquillage, les décors, c'est très haut en couleur.
     La qualité photographique est aussi au rendez-vous, ce qui n'est pas une évidence, même pour un blockbuster. Les plans de caméra sont étudiés, avec des effets d'éclairage qui rehaussent l'image. Lors des moments émotifs, les plans de caméra et les mises en scène sont presque poétiques, alors que lors des scènes d'actions, le montage est rapide, les mouvements de caméra sont nerveux, pour accentuer les frissons.

Musique et son:

     J'ai trouvé que la musique se fondait bien dans le film. Elle est simple, sans orchestre symphonique, elle ne tape pas sur les nerfs, elle renforce les émotions des points culminants comme désiré, sans extravagance, sans voler le show. Elle se fait presque discrète, elle se marie bien à l'image, et nous permet une pleine immersion dans le film.


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