mercredi 17 février 2016

Projet « Fontaine d'onyx » : les idées s'entrechoquent


     Lorsque j'ai écrit mon dernier billet Projet « Fontaine d'onyx » : en réécriture!, je m'emballais en écrivant:
     C'est maintenant l'heure de se détacher des hoplites grecs, des Égyptiens, des Libyens antiques, des Touaregs, du Sahara, de Qattara ou Sioua (Siwa) et d'entrer dans la création de mon monde, monde mythique de fantasy qui s'inscrit dans une sorte d'antiquité d'un monde alien au nôtre.
      Mais la réalité finit par rattraper les rêveurs. Pour faire un monde alien, il faut bien sûr avoir quelques connaissances astronomiques. J'en ai... un tout petit peu.

     Il y a des scientifiques qui rêvent d'arts, qui font les musées et qui vont voir des symphonies à la Place des Arts, sans comprendre ce qui allume la mèche de la création artistique.
     Pour ma part, je suis à l'inverse une artiste et écrivaine qui rêve de science. Dans mes temps libres, je vais préférer écouter des documentaires, toujours avide d'apprendre plus. Dernièrement, je me suis intéressée à des titres comme How the universe works ou CrashCourse. Il faut vraiment que j'aie l'esprit saturé ou épuisé pour écouter la télé de divertissement et ça n'arrive pas tous les jours.
     

Confidences

     Je dois vous dire... Le lendemain que j'ai écrit mon dernier billet Projet « Fontaine d'onyx » : en réécriture!, j'ai reçu un coup virtuel sur la tête.
     J'étais dans ma méditation du matin avant de réveiller les enfants pour l'école/garderie. Une de ces méditations fructueuses, qui devient un vrai temple de créativité comme il m'arrive parfois de visiter. C'est parfois assommant pour moi de revenir à la réalité après ces transes artistiques.
     Les enfants me parlent, je dois les aider à se préparer pour leur journée et moi, je suis encore la tête dans les nuages, peut-être encore quelque part dans ce temple, submergée de toutes ces idées qui me viennent de je ne sais où. Je me sens bombardée. Avec mon TDAH, je suis capable de gérer beaucoup de choses en même temps, mais je parle ici d'un moment où je me sens comme un récepteur en surcharge, avec vraiment trop de choses qui se passent en même temps, dont 85% est exclusivement mental. J'ai du mal à répondre lorsqu'on me parle. Les idées me traversent à la vitesse de la lumière, elles entrent en collision les unes les autres.
     Comme de fait, j'avais Fontaine d'onyx sur lequel je travaille en ce moment d'une main, et de l'autre, un énorme projet que je n'ai pas encore annoncé sur ce site (trop gros, complexe, beaucoup de recherches à faire... et je préfère prendre de l'expérience en tant qu'auteure avant de m'y attaquer. Il me tient tellement à cœur, je voudrais lui rendre justice!)
     Et les deux idées se sont entrechoquées. Fusion. Encore, maudite marde! J'essaie de trouver des projets plus petits, plus simples sur lesquels travailler, mais ils finissent tous, TOUS! par se greffer à ce mega-projet! Même le projet À fleur de peau dont j'ai mention sur ma page Écriture s'est retrouvé greffé, au cours des douze derniers mois, à ce mega-projet.
     Je vais devoir me résoudre à ce que presque tous mes projets d'écriture aient lieu dans ce même monde qui me hante depuis la nuit des temps... Ce qui veut dire, prendre un peu plus de temps pour bien établir ledit monde. La prise de tête...

Science-fiction et astronomie


     Il y a un bon deux ans que je regarde ce qui se fait en astronomie ici et là. Je me suis mise plus activement et plus sérieusement depuis, je ne sais plus trop... l'automne dernier (2015) ? J'ai voulu me remettre à jour, reprendre les bases... car elles dataient du primaire! Depuis la dernière fois que je me suis intéressée à l'astronomie, on a perdu Pluton dans le rang des planètes, pour créer une nouvelle famille des planètes naines, on a trouvé des copines pour Pluton, soit Eris, Cérès, Sedna, Quaoar, Makemake..., on a découvert la ceinture de Kuiper, le nuage de Oort, et on est à la recherche de la nouvelle neuvième planète...

   
AlphaCentauri, la plus proche de la terre, est un système trinaire.
     Si je partais de loin, mon objectif de recherches est d'autant plus loin... Je me suis beaucoup intéressée aux projets des exoplanètes, les découvertes de Kepler, les systèmes solaires binaires ou multiples. Et la question qui tue la mère de la vie: est-ce que la vie est possible dans un système binaire, trinaire, quaternaire, quintuple, sextuple...? 

      C'est en me posant ce genre de questions que je suis tombée sur le site Science Ballade, écrit par une Belge qui a fait une maîtrise en sciences physiques, puis un doctorat en sciences planétaires, et une amoureuse de musique et de science-fiction. Mon contraire complémentaire? ;o) Je l'ai trouvé par son article Y a-t-il des planètes à deux soleils habitables?  Je suis au septuple euh... septième ciel!

     Si je croisais mon « moi » de seize ans et que je lui annoncerais que je commence à comprendre des notions comme M_{\odot} , les UA et la faisabilité des voyages interstellaires sur une base scientifique (moi qui a toujours été une fille de fantasy avant tout...) je ne suis pas convaincue que moi-à-seize-ans me croirais!

Objectif

     L'objectif des prochains jours/semaines a changé légèrement. Je pense qu'il est important de prendre le temps de bien développer le monde environnant de mon intrigue, lui mettre de la profondeur grâce à des recherches un peu plus poussées en astronomie, d'autant plus qu'il reviendra pour d'autres projets d'écriture à venir.

     Ma plus grande inquiétude serait de ne pas avoir pris le temps aujourd'hui de bien établir les bases, de faire le minimum pour que le projet Fontaine d'onyx fonctionne, sans réfléchir aux autres projets puis qu'en fin de compte, les autres projets que j'ai déjà en tête ne fonctionnent plus, que le tout devienne incohérent. Je sais qu'il y a des possibilités que cela arrive d'une manière ou d'une autre, car, comment pourrait savoir aujourd'hui tout ce que je vais écrire pour les vingt prochaines années? 
     N'empêche, j'ai accumulé vraiment beaucoup d'idées et de projets depuis... les vingt années passées, j'ai plus de plans détaillés en tête que de temps pour les écrire. J'ai une très bonne idée déjà vers où ces autres projets s'en vont.

      Mon plus grand pari en ce moment, c'est le mariage de science-fiction et fantasy. Ce n'est pas quelque chose de nouveau: on appelle ça de la science-fantasy et Star Wars, avec son système de la force et de jedi en font parti, selon certains. J'aime la fantasy et je n'arrive pas à m'en passer. Mais je n'aime pas l'idée que la partie science-fiction soit négligée.
     On peut pardonner aux vieux Star Wars de nous avoir montrés des vaisseaux qui ne semblent pas hermétiques (manque de budget?). Par contre, des vaisseaux dans l'espace sans que les passagers en ressentent l'absence de gravité, ou traverser une galaxie entière à la vitesse de la lumière en quelques heures à peine (alors que l'étoile la plus proche de notre système solaire, Alpha Centauri, est à quatre années-lumière!), l'amatrice de science en moi est déçue.

     J'aimerais pour ma part pousser les limites plus loin, c'est-à-dire de prendre le temps de m'éduquer, d'apprendre les bases astronomiques et de concevoir quelque chose qui se tient mieux d'un point de vue scientifique, sans pour autant couper dans le « fun » de l'histoire à raconter.
     Mon conjoint me rappelle souvent lorsque je suis dans des impasses, qu'en sciences-fiction, il faut nécessairement inventer quelque chose qui n'est pas possible aujourd'hui, autrement l'humain serait déjà dans l'espace en train d'explorer! Et c'est vrai. Par contre, je reste d'avis que ce n'est pas parce qu'on est en science-fiction ou en science-fantasy qu'on a droit à de la paresse intellectuelle, sous prétexte que « ça ne se peut pas de toute façon ».
     Comme le dit toujours ma marraine d'écriture, Élisabeth Vonarburg: il y a un contrat invisible qui est passé entre l'auteur et le lecteur. Le lecteur sait qu'on lui ment, mais il se laissera aller au jeu seulement si l'auteur le fait bien.

     Je vais peut-être contacter Santifike de Science Ballade; je ne suis pas sûre encore... Je suis encore à mes débuts, la science-fiction du Québec est un tout petit milieu, un petit marché, je me sens un peu, comment dire... imposteur? Non, ce n'est pas tout à fait ça... Je ne sais pas. Si j'avais plusieurs publications à mon actif, un nom, une réputation, je me sentirais peut-être plus... digne? de déranger un scientifique pour avoir un espèce de tutorat en astronomie pour mon prochain projet. Je n'ai rien de tout cela... Ça me gêne... 
     Mais bon, il faut bien commencer quelque part. Et puis, Fontaine d'onyx a déjà été publié une fois dans un fanzine... il y a huit ans.
     Je vais méditer là-dessus... ;o)





lundi 8 février 2016

Projet « Fontaine d'onyx » : en réécriture!

     J'ai mentionné, dans ma récap des ateliers d'écriture 2006-2007, d'une nouvelle que j'ai écrite suite à ces ateliers. Titrée Fontaine d'onyx, cette nouvelle est parue en deux parties dans le fanzine Brins d'éternité #16 (été 2007) & #17 (automne 2007) (direction littéraire: Guillaume Voisine, révision: Carmélie Jacob). Brin d'éternité est aujourd'hui une revue littéraire

      Les deux parties de la nouvelle mises ensemble en font un texte de 14'155 mots.




     En 2013, j'ai repris cette longue nouvelle, je l'ai polie à nouveau et envoyée cette deuxième version chez SixBrumes éditeur (21'640 mots) en fin 2013 en espérant la faire publier comme novella. Guillaume Houle de SixBrumes m'a avertie qu'il pouvait être long avant d'avoir des nouvelles de leur part. Mais comme Fontaine d'onyx avait déjà été publié, j'étais très optimiste de la voir republiée.

     Pourtant, en mi-2015, je reçois la réponse de SixBrume et c'est un refus, qui est venu avec un rapport de lecture. J'ai été surprise, mais contrairement aux autres refus, j'ai pris celui-ci avec détachement et d'objectivité. J'ai lu le rapport de lecture, j'étais d'accord avec la plupart des points.
      Parmi les suggestions du rapport de lecture, un changement de voix narrative s'imposait. La première version étant écrite en "je", on me suggérait de réécrire à la troisième personne, peut-être en omniscient. Ce qui implique de réécrire tout le texte...
     J'ai pris un certain temps à décider combien d'énergie je voulais mettre sur ce projet. Est-ce que je le laisse tel qu'il a été publié dans Brins d'éternité, ou est-ce que je le réécris?




     J'ai finalement décidé de m'y remettre. La toute première version ayant été écrite il y a huit ou neuf ans de cela, mon écriture a évolué, bien entendu. J'ai décidé de faire une réécriture complète, que j'ai commencée en septembre 2015. Le redémarrage du projet n'a pas été spontané et j'ai dû prendre une pause pour mijoter plus longtemps les idées.
     J'ai repris l'écriture en décembre, puis il y a eu une pause de trois semaines pendant le temps des fêtes et je me suis remise à l'écriture ce janvier 2016. J'ai rouvert les forges au complet, j'ai fondu tout le contenu et je remoule.
     J'ai refait les fiches de personnages (plus complexes et beaucoup plus approfondies que ce que je faisais à l'origine). Mes personnages m'ont révélée plein de choses à propos d'eux (surtout les secondaires), nombreux ont vécu un changement de nom et d'origine; plusieurs ont disparu de l'histoire, mais de nouveaux personnages sont arrivés.
     Le grand arc de l'histoire reste le même, mais en suivant l'une des suggestions du rapport de lecture (soit d'enlever les flashbacks et commencer l'histoire lors de cette période décrite en fragments dans les flashbacks), j'ai moi-même découvert plein de choses sur cette histoire... Bref, plus de profondeurs à bien des niveaux, depuis les personnages, le monde qui les entoure, les enjeux... 
     Voilà le genre de moments où on se dit: une chance que j'ai été refusée et que j'ai persisté! 
     Et ce n'est plus une novella; quoique je n'ai pas terminé l'écriture, je vois ce récit s’étaler vers le roman. Si j'ai fait mention, suite à l'atelier d'écriture (court) 2015 de peut-être me laisser convaincre de faire des nouvelles, ce ne sera pas pour tout de suite! 

***
Fontaine d'onyx, première partie (tel que publié dans Brins d'éternité #16)
Fontaine d'onyx, deuxième partie (tel que publié dans Brins d'éternité #17)
(Sur le site, j'ai dû écrire "Part I" ou "Part II" pour des raisons de la limite imposée pour le nombre de caractères en titre sur ce site; veuillez s.v.p. excuser l’anglicisme).

  • Version 1: publié à Brins d'éternité (2007)
  • Version 2: envoyé et refusé à SixBrumes (2013)
  • Version 3a et 3b: ré-écriture phase 1 avec nouvelles idées (2015-2016)
  • J'inaugure maintenant la Version 3c: ré-écriture phase 2, tellement de nouvelles idées, des personnages plus profonds, plus de dunes, plus de magie, plus de temples et des rencontres mythiques et grandioses! :D


*** 


Le vent dans les voiles!

     Je suis comblée, car depuis le début janvier, j'ai vraiment le vent dans les voiles! Après trois semaines de vacances du temps des fêtes, la première semaine a été un peu lente, question de se remettre dans le bain, mais les choses ont tout de même avancé.
     La semaine du 18 au 22 janvier a été inouïe, car j'ai dépassé les 10'000 mots écrits. Bien sûr, la qualité d'un texte ne se mesure pas au nombre de mots et mes premiers jets sont souvent... hum, disons qu'ils nécessitent une révision. J'ai commencé mes séances d'écriture en relisant ce que j'avais écrit la veille et je faisais déjà une première révision, avant de poursuivre l'écriture. 
      Je suis bien contente de l'avancement du projet.

      Le 25 janvier, j'ai fait un peu de révision. Puis j'ai compris qu'après les fiches de personnages, quelques recherches pourraient rendre plusieurs éléments mieux enrichis et plus savoureux. Donc, depuis le 25 jusqu'à aujourd'hui (8 février 2016), je suis dans les recherches. 

     Comme l'indique la critique de Fontaine d'onyx, première partie sur le blogue d'Alexandre Fortin, l'histoire se passe dans le désert. J'ai donc étudié différentes peuplades nomades des déserts pour en puiser de l'inspiration, j'ai étudié les caravanes, les hoplites grecs et leurs armements, j'ai passé beaucoup de temps sur Google Maps à fouiner les déserts, trouver des cités, des ruines, des oasis, j'ai trouvé des cartes romaines du Land of Libu (la Libye antique, depuis l'ouest du Nil jusqu'à la côte atlantique marocaine passé les monts d'Atlas) avec des noms de tribus et de différentes peuplades, la pentapole gréco-libyenne en Cyrénaïque et ses cités antiques telles que Cyrène, Apollonie et Arsinoé (Tocra) et sa vénération pour Cybèle. Puis je suis tombée sur des légendes à propos du lac Tritonide. J'ai étudié les dunes, les inselbergs, la dépression de Qattara, ainsi que la faune et la flore qui l'habite, le temple d'Ammon dans l'oasis de Sioua (Siwa) et j'en passe! 

     L'inspiration est en ébullition! 

     Je concluais ce matin avec un phénomène mystérieux qui est scientifiquement difficile à expliquer, les dunes qui chantent. Fascinant:



Objectif pour les prochains jours/semaines:

     C'est maintenant l'heure de se détacher des hoplites grecs, des Égyptiens, des Libyens antiques, des Touaregs, du Sahara, de Qattara ou Sioua (Siwa) et d'entrer dans la création de mon monde, monde mythique de fantasy qui s'inscrit dans une sorte d'antiquité d'un monde alien au nôtre.
     La carte est à refaire au complet; un quart à un tiers des pages sont maintenant consacrées à des événements antérieurs à ce qui a été écrit dans la première version de Brins d'éternité. Donc, prochainement, redessiner une nouvelle belle carte!
       Et reprendre l'écriture, bien sûr! ^_^