lundi 8 août 2016

Critique de film: Jupiter Ascending (2015)








Catégories:
  • PG-13 (violence, scènes d'actions intenses, certains extra-terrestres à l'apparence effrayante, nudité partielle, langage vulgaire…)
  • Science-fiction
  • Gothic space-opera
  • Action
  • Violence
  • Romance


Thèmes:
  • Une fille à sauver
  • Un héritage inimaginable soudainement révélé
  • Monde féodal transposé en space-opera
  • Ex-militaire créé par génie génétique
  • Un (ou deux) gars contre une armée
  • Extraterrestres
  • Une vaste cité sur Jupiter
  • Quête d'immortalité


     Test de Betchdel: (mais discutable quand même…). Jupiter Jones (joué par Mila Kunis), en plus de parler avec sa mère et sa tante, a une longue conversation avec Kalique Abrasax (jouée par Tuppence Middleton) et plusieurs autres courtes interactions avec d'autres personnages féminin.
    Scénario et réalisation: La création, scénarisation, réalisation et production de Jupiter Ascending revient aux  Wachowskis
     Langue d'origine: Anglais, Russe (sous-titré)
     Pays d'origine: États-Unis, Australie
     Budget pour le film: 176'000'000$US (estimé)
     Boxoffice: (Mondial): 183'987'723$US (25.8% aux États-Unis, 74.2% ailleurs)
     Évaluation IMDB: 5.4 / 10 (139'338 votants)
     Reconnaissances: quelques nominations… incluant « Pire film de l'année » (source)

Synopsis (sans spoilers):

     Une jeune femme de ménage, Jupiter Jones, voit sa vie monotone bouleverser lorsque des extraterrestres tentent de l'assassiner, et qu'un gardien inconnu aux bottes volantes vient à sa rescousses. Jupiter réalise qu'elle fait partie de la royauté intergalactique, avec un important héritage de plusieurs planètes et se retrouve rapidement au cœur des manigances et corruptions des Abrasax, une puissante famille royale. Jupiter doit alors se battre pour protéger les habitants de la Terre contre une industrie à la fois très ancienne et destructive.

Ma critique, en quelques mots:

     Le film est beau, il est bien réalisé, les effets sont à couper le souffle sur musique d'opéra. Tout pour en mettre plein la vue! On connaît les Wachowskis pour avoir fait la série des Matrix, Cloud Atlas ou Sense8. Ils sont généralement excellents. J'aurais aimé… aimer ce film. J'ai essayé, fort. J'en suis incapable. L'histoire est pire que simpliste, elle contient un personnage principal (Jupiter Jones) faible, qui évolue très peu sinon pas du tout et qui est finalement pas intéressante. De nombreux dialogues sont simplement mauvais. C'est vraiment dommage, pour un film si travaillé sur le plan visuel, effets spéciaux, les plans de caméra, la musique... qu'il soit si mauvais.

     Note: Cette critique contient quelques « spoilers ». J'ai tenté de rester relativement vague, mais j'ai dû tout de même expliquer certains éléments décevant du film.

Réalisation globale: 

     La réalisation en soit est impeccable; ca me fait mal de mettre autant de citrons dans une critique, d'autant plus pour un Wachowski. Les défauts tiennent principalement de l'histoire elle-même.

Divertissement et originalité: 

     Le film est haut en action et en divertissements. Et l'action revient rapidement entre les scènes explicatives, avant que celles-ci ne deviennent lassantes, bref, on ne s'ennuie pas. Ou presque. Certaines scènes d'actions sont en fait très longue et tellement surréelles (nouvelle tendance à Hollywood, depuis King Kong et Tintin de Peter Jackson et quelques autres qui ont suivi). Il y a 10-20 ans, on se battait pour rendre les scènes crédibles sur le plan des effets spéciaux; maintenant que c'est acquis, on met trop de poudre aux yeux à mon avis. On veut tellement que ce soit extraordinaire qu'on n'y croit plus. Le contrat entre les réalisateurs et spectateurs « Mens-moi, mais fais-le bien! », comme le dit si bien Élisabeth Vonarburg (pour le contrat auteurs et lecteurs) a ici échoué.
     Côté originalité, je ne pense pas qu'on ait déjà fait un gothic space-opera (de cet envergure du moins) au cinéma, donc un monde d'inspiration féodale transposé dans le space-opera. Il y a ici et là quelques bonnes idées, mais le grands arc de l'histoire, j'ai eu l'impression de voir Matrix transposer dans un nouveau genre. Ça m'a déçue.

Immersion et émotivité: 

     Certains passages sont cool, alors que d'autres, je décrochais. Une action trop surréaliste, trop « arranger avec le gars des vues », parfois trop longue. L'émotivité n'était pas non plus soutenue tout le long. Dans le « trop extraordinaire », les pires pétrins peuvent arriver, mais tous ce règle par trop de synchronicité de dernière minute, on vient à ne plus avoir peur pour les personnages, à ne plus croire à leur péril.

Scénario:

      C'est ici que la critique de Jupiter Ascending perd la cote. Il y a définitivement certains points positifs à l'histoire, mais globalement, c'est décevant. On s'est plaint que StarWars ne suivait aucune science astronomique, on pourrait en dire autant pour Jupiter Ascending (mettre la planète Jupiter habitée...)
      Je vais débuté avec un retour sur le Test de Betchel. Selon les règles de bases, le film passe le test. On a un personnage principal féminin, qui parle à plusieurs autres femmes nommées, de sujets autres que romantiques. Par contre. Ce personnage féminin, Jupiter Jones (joué par Milas Kunis), qu'a-t-elle à raconter? Elle vit quelque chose d'exceptionnel, oui, mais elle est catapultée dans l'histoire, kidnappée, puis secourue, puis enlevée, elle est le jouet de trois frères et sœur qui courent après leur héritage, elle subit leurs manigances, leur mensonge, leur trahison… Mais que fait Jupiter? Pas grand chose. Elle subit tout le long et si ce n'était de Caine Wise (joué par Channing Tatum) qui vient la sauver 4-5 fois dans l'histoire, elle aurait été que de la chaire à pâtée.
     On peut accuser le fait que Caine est un ex-militaire exceptionnel et que Jupiter, elle, était femme de ménage avec à peu près aucun talent pour le combat. Soit. On peut aussi accuser le fait qu'elle est littéralement catapulté dans ce monde nouvelle qu'elle ne comprend pas plus que nous, mais il aurait été pertinent qu'elle fasse au moins une action qui vaille le détour, pour se sortir du pétrin d'elle-même ou pour déjouer ses adversaires. Donc, dès le grand arc de l'histoire… le personnage principal est faible, elle subit, et elle a besoin d'un sauveur (x4-5) pour survivre. 
     Ensuite, le fameux héritage qui lui tombe dessus… Au moins, on n'est pas dans le cliché de l'amnésie ou de l'enfant perdu et adopté. On a voulu éviter, je pense. Par contre, solution de rechange? Euh. Nan… Ça ne marche pas pour moi, il y a trop d'illogisme ou de trous, on dirait un concept vite fait sur le coin de la table qui aurait eu besoin de mijoter beaucoup plus longtemps pour être fonctionnel.
     J'ai eu l'impression, en écoutant Jupiter Ascending que le projet était un peu comme The Matrix: on a fait un premier film, qui est complet en soi, mais qui pourrait s'ouvrir sur une série si ça marche bien. Aucune suite n'a été annoncé et les Wachoskis travaillent sur autre choses maintenant (Sense8). Ce film est considéré par de nombreuses critiques comme étant un flop. C'est dommage, il aurait été facile de faire mieux…

Acting et développement de personnages:

     On peut être le meilleur acteur du monde, si le dialogue est mauvais (comme c'est souvent le cas dans Jupiter Ascending), ça ne suffit pas à sauver le film. La performance de Eddie Redmayne dans le rôle de Balem Abrasax m'a profondément déçue. Son texte est mauvais en partant, mais une performance chuchotée tout le long du film (sauf pour une phrase ici ou là criée dans une montée de lait inattendue), c'est pénible à écouter. Le personnage… ou le jeu de l'acteur à l'attitude hyper blasée (rendu à ce point, on n'est plus sûr à qui revient la faute), c'est à la fois difficile à entendre et endormant. On vient à détester le voir à l'écran, pour les mauvaises raisons.
     Plus généralement, le développement des personnages est décevant. Après une histoire aux grands arcs faibles, on pourrait au moins se rattacher aux personnages attachants, qui ont évolués après toutes ces aventures. Eh bien, non. Après tous ces péripéties, le changement chez Jupiter Jones ou même dans sa vie… ne valait pas la peine d'être raconté à mon avis. 

Photographie et visuel:

      C'est ici que tous les efforts ont été mis. Les concepts visuels sont à couper le souffle, et sauf un plan où l'animation 3D manquait de réalisme à mon oeil, il n'y a rien à redire autre que «wow».

Musique et son: 2 pommes d'or:

     Digne d'un grand space-opéra, on a une grande symphonie d'opéra. 



jeudi 4 août 2016

Critique de film: Stranger things, Saison 1 (2016)







Catégories:

  • PG-13 (certaines scènes effrayantes et/ou intenses, certaines références à l'abus d'alcool, cigarette, drogue, un peu de violence selon les épisodes…)
  • Thriller,
  • Mystère,
  • Surnaturel et fantastique,
  • Drame,
  • Horreur (léger, pas de «gore»)

Thèmes:
  • Disparition d'enfant
  • Monstre
  • Enquête policière
  • Pouvoir surhumain, télékinésie…
  • Laboratoire de recherches louches
  • Univers parallèle
  • Conspiration (léger)


     Test de Betchdel: Karen Wheeler (jouée par Cara Buono) vient voir Joyce Byers (Winona Ryder) pour lui changer les idées (épisode 3). Nancy Wheeler (Natalia Dyer) parle très brièvement à Mme Holland (Cynthia Barrett) (épisode 3). À plusieurs bref moments, Nancy Wheeler (Natalia Dyer) parle à sa mère, Karen Wheeler (Cara Buono) à propos de la disparition de Barbara. Joyce Byers (Winona Ryder) parle avec Eleven (Millie Bobby Brown) pour la rassurer (épisode 7).
     Scénario et réalisation: La création, scénarisation, réalisation et production de « Stranger Things » reviennent aux jumeaux Duffer, Matt et Ross.
     Langue d'origine: Anglais
     Pays d'origine: États-Unis
     Budget pour le film: non spécifié (pour l'instant)
     Boxoffice: N/A 
     Évaluation IMDB: 9.1 / 10 (77'567 votants)
     Reconnaissances: …Encore trop récent pour en avoir


Synopsis (sans spoilers):

     Dans la petite ville paisible de Hawkins des années 1980, un enfant disparaît dans les bois. Des recherches sont entreprises, ce qui crée une suite d'événements, depuis une mère inquiète à en perdre l'esprit, à la découverte d'une fillette mystérieuse en danger, d'un laboratoire de recherches sous surveillance militaire et une créature étrange qui rôde. Bien assez vite, certains résidents de Hawkins tissent des liens de l'intrigue, mais aussi entre eux pour résoudre l'affaire. 


      À noter: Je ne m'étais pas renseigné avant de voir ce titre. Netflix en faisait beaucoup la promotion (c'est une production de Netflix, ça va de soi… mais les autres productions de Netflix que j'ai vu sont toutes de très bonne qualité). Je me suis donc lancé dans cette série sans avoir aucune attente, sauf peut-être un gage de qualité.

Ma critique, en quelques mots:

     «Stranger things» m'a prise par surprise! Je ne m'attendais à rien, je ne suis plus tellement fan du genre horreur, mais celui-ci fait pour moi exception. Sûrement parce qu'il est plutôt prude côté horreur, il est plutôt axé thriller, et sur la métamorphose des personnages plutôt que de nous montrer du «dégueu». Le visuel est beau, l'histoire est bonne, j'ai adoré, j'étais absorbée par l'intrigue, j'avais envie de voir chaque épisode suivant tout de suite et je suis comblée à l'idée de la deuxième saison! :)

Réalisation globale: :

     L'histoire prenant place dans les années 1980, les réalisateurs ont tout décoré au parfum des années 80s, depuis le générique du début et jusqu'à la trame sonore. Mais la réalisation a été fait maintenant (2016), et donc les technologies d'effets spéciaux sont au goût du jour, ainsi que la qualité photographique et sonore. Ayant été moi-même enfants dans les années 80s, j'ai trouvé cette touche charmante.

Divertissement et originalité:

      Côté originalité, pour moi, il n'y avait rien de nouveau dans les thèmes traités dans « Stanger Things », mais l'intrigue est tellement bien tissée, le divertissement est là, à chaque fin d'épisode, on a envie que de voir le suivant.

Immersion et émotivité:

     Certains thèmes de départ (disparition d'enfant) étant en soi émotif, le scénario, la réalisation, les jeux d'acteurs, la trame sonore, sont tous des éléments qui font bien fonctionner l'émotivité du film. J'ai trouvé que l'émotion qui ressortait le plus chez-moi était le côté intrigue, mystère, curiosité et thriller; quelque fois, on nous tire une ficelle de dégoût (c'est tout de même une série d'horreur), de tristesse, de l'appréhension, de la frustration/colère lorsque les personnages sont en échec... L'immersion dans le film était complète. Les personnages sont attachants, on connecte bien avec leurs émotions, leur point de vue, leur évolution.

Scénario:

     Il y a deux types de scénarios de série télé: le premier étant la série dont les épisode sont indépendantes les unes des autres et à quelques exception près, le grand arc de l'histoire ne change pas, ni les personnages… On pourrait les écouter dans n'importe quel ordre et on ne manquerait rien. Le deuxième type de série, beaucoup plus récent, au contraire, est une histoire avec un début et une fin, dont les personnages évolueront, comme dans un roman ou un film. Dans ce cas, l'ordre des épisodes est fondamentale et n'en manquez pas un, car vous perdrez le fil de l'histoire. « Stranger Things » s'inscrit dans ce deuxième type.
      Le scénario est bien écrit et l'intrigue bien tissé. L'information nous est donné au bon moment pour faire évoluer l'histoire, le monde ou les personnages et le flot d'informations est bien mesuré tout au long. Ce qui m'a le plus plu dans le scénario, c'est qu'il est axé sur le développement des personnages. Ils vivent dans un environnement, quelque chose arrive, et l'histoire suit le développement psychologique de chacun, comment ils évoluent dans ce contexte; c'est ce qui devrait être, bien entendu, dans toute bonne histoire, mais qui est souvent oublié dans les séries télévisées. En gros, quoique l'on soit dans un contexte horreur, l'emphase du scénario n'est pas sur les éléments d'horreur, il n'y a pas de «gore» et je dirais même que c'est en fait prude comme type d'horreur. Tout l'effort est réellement misé sur le développement des personnages.  

Acting et développement de personnages:

Millie Bobby Brown, dans le rôle de la fillette mystérieuse.
     Il y a de nombreux personnages dans cette première saison. On a les quatre gamins qui jouent à Dungeon & Dragons, et plus tard une fillette s'ajoute, leur prof de science qui est très proche de ces garçons, puis il y a cinq ados, le policier et ses deux collègues, deux mères, deux pères, le directeur du labo… Au moins six d'entre eux subiront un changement notable entre le début et la fin de la saison. L'expérience de cette tranche de vie les transforme et comme je disais dans la section «scénario», c'est en soi plutôt rare (et tout à fait bienvenu!) de voir autant d'évolution dans une série télé, surtout sur une même saison.

Winona Ryder, dans le rôle de Joyce Byers
     Pour ce qui est du jeu d'acteur, c'est sûr que les jeunes (surtout les enfants) sont moins expérimentés que les adultes et professionnels, mais ils sont tout de même très bon. L'actrice qui joue la fillette mystérieuse (Millie Bobby Brown) est, pour sa part, exceptionnelle et elle vole la vedette partagé avec les garçons. Chez les adultes, Winona Ryder dans le rôle de Joyce Byers (la mère de l'enfant disparu) et David Harbour dans le rôle de Jim Hopper, le chef de police qui mène l'enquête de cette disparition, offre une excellente performance et nous entraîne dans l'évolution de leur personnage.

David Harbour, dans le rôle de Jim Hopper

     

Photographie et visuel:

     Sur le plan photographie, «Stranger things» est impressionnant. Les plans, la lumière, le style années 80s, tout est bien recherché et planifié. 
     On est ici dans un thriller-horreur, les effets spéciaux sont nécessaire pour l'immersion et l'émotivité de la série. Pour assurer une qualité des effets spéciaux, on a choisi ici de mesurer le nombre de séquences qui en nécessitent. Au début, on a donc presque rien à nous montrer, mais progressivement, les choses s'amplifient jusqu'aux derniers épisodes où tout le budget y passe. Compte tenu qu'il s'agit d'une série télé (qui a généralement moins de budget que pour la production d'un film, et ce, pour un scénario beaucoup plus long), les effets spéciaux sont très bien réussis.

Musique et son:

     La musique, sur de style des années 80s — les bons thèmes des années 80s — avec les qualités HD d'aujourd'hui. La musique était à la fois agréable et met réellement dans l'ambiance de l'époque